11.2.18

Anne VAN DER LINDEN, du 16 février au 02 mars 2018

Portrait d'Anne van der Linden en Mrs. Blood
Anne Van Der Linden ne fait pas dans la dentelle. Et ses ouvertures graphiques sont - au sens premier - des opérations anatomiques. La coupure effectuée et les personnages qui la créent ou la supportent crée un jeu de miroirs  où l’animalité rejoint un gothique sous la lune noire d’une forme particulière d’amour.
En un univers corporel, sensoriel et mental l’artiste quitte pour notre plaisir la lumière vers l’obscur. De grands yeux exorbités deviennent des constellations dionysiaques. Joie et douleur y sont jumelles là où la fantasmagorie tient d’une mythologie chère aux Décadents de la fin du XIXème siècle mais où le gore côtoie l’humour aussi noir que jouissif.
L’ironie des grands créateurs irréguliers de Belgique retrouve chez Anne Van der Linden une fabulation plus que conséquentes en des contes propres à rendre insomniaques.  La psyché en est secouée et le fantastique exploré au plus près des corps là où la femme est souvent le signe de gravité au milieu d'étranges histoires d'amour sacrificielles. La transgression garde la part prépondérante pour des catharsis les plus intenses.
Jean-Paul 

                A suivre pour Anne van der Linden l'exposition "Zoo"                
                Galerie Corinne Bonnet 63 rue Daguerre 75014 Paris
                         du 22 mars au 28 avril 2018




                  Le site d'Anne van der Linden ici

                        Son Hublot du soir


                  

5.2.18

Olga ROCHARD, le 09 février 2018

Les enfants se déguisent,
C'est un jeu très sérieux,
dédoublement, altérité,
« Car Je est un autre...»
Ils changent d'identité.
Retranchés derrière leur masque,
ils observent sans être vus.
Dans l'attente, le devenir,
ils deviennent inquiétants.
Absorbés par cette altérité,
ils acquièrent pouvoir et liberté.
Et dans cet univers parfaitement clos,
ils jouent la possibilité de l'attaque.
Ce sont des héros,
A l'assaut de la société des adultes.
Leurs regards sont des miroirs.

Olga ROCHARD


    



















                                             


         
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28.1.18

Michaël JOURDET, le 02 février 2018





« Une projection de lumière sur une toile blanche, une toile monochrome de couleur turquoise, une cale qui fait pencher un socle blanc, la photo d’une page A4 blanche sur un bureau noir, un ensemble de soixante-quatre toiles monochromes quadrilatères noires, trois allumettes sur un socle blanc, un orateur sur un fond blanc face caméra, des compositions de carrés et rectangles gris projetées sur un mur blanc, une toile monochrome enfermée dans un caisson en bois, des carrés noirs sur des toiles blanches...
En regardant formellement les propositions de Michael Jourdet, de facture minimale et épurée, on pourrait facilement les inscrire dans la continuité du mouvement conceptuel des années 70 et de ces œuvres qui s’intéressaient plus à l’intention de l’artiste qu’à la réception de l’œuvre par le spectateur : l’art pour l’art, “Ce qui est à voir est ce qui est.”. Pourtant, en observant plus attentivement, on découvre dans les propositions de Michael Jourdet une toute autre dimension : celle du jeu et de l’humour, qu’il porte sur l’œuvre elle-même, sous le regard complice du spectateur.

Son premier cycle de travail autour de la figure du Monochrome en témoigne : détournée et transformée, la toile pure de K.Malevitch devient le support d’une malice digne de A.Allais : voilà que l’on joue au dé une composition picturale, qu’on en colorise une autre pour la rendre tendance, qu’on lui trouve un sponsor ou encore qu’on la transforme en un objet de luxe ! L’œuvre sacrée et impressionnante laisse place à une proposition joueuse, ouverte au spectateur.
Le second cycle de travail de Michaël Jourdet, Ecrits & Commentaires évolue toujours dans un esprit complice et amusé, mais questionne cette fois la relation entre l’artiste et son spectateur : que peut-il lui « donner » ? Jusqu’où peut-il commenter sa propre création, jusqu’où est-il l’interprète privilégié de son œuvre ? Peut-il donner trop, peut-il donner trop peu ? Derrière ces questions, c’est toute la problématique de la médiation qui s’ouvre : le sens des commentaires dans une exposition, le rôle d’un critique, l’intérêt (ou non) d’un accompagnement pour accéder au sens profond de l’œuvre…

Dans ces deux cycles Michaël Jourdet joue avec le spectateur, lui ouvre jusqu’aux coulisses des doutes de la création et le considère ainsi non plus comme un amateur obéissant mais bien comme une personne capable de se questionner et de remettre en question des principes établis».


Anne-Sophie Bérard, commissaire indépendante






Le site de Michaël Jourdet ici 

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21.1.18

Gudrun von MALTZAN, le 26 janvier 2018

Le travail graphique ou pictural exécuté directement sur une diapositive qui caractérise les œuvres de Gudrun von Maltzan, rend en effet plus palpable certains aspects fondamentaux de cette œuvre qui traite de la peinture sans jamais y toucher. C'est que l'intervention manuelle sur l'image automatique que représente un dispositif est plus humble, plus patiente aussi que sur un tirage photographique. Il s'apparente à une activité d'enlumineur au Moyen-Age, de par le format (24 par 36 mm) sur lequel travaille l'artiste, et de par le jeu de lumière qu'ouvre un travail miniaturisé dès qu'intervient l'agrandissement de l'état final de l'image. Mais d'autre part, le travail graphique devient aussi plus manifeste, et plus dominant. L'origine de cette idée d'un travail graphique sur une image devient donc beaucoup plus nettement visible. Cette pratique qui soutient l'œuvre de Gudrun von Maltzan correspond, comme le montrent en effet les travaux sur diapositive, en premier lieu à la gravure sur bois, média extrêmement important, sinon dominant, dans l'art allemand depuis la Renaissance, mais qui se trouve ici repris, ré-inventé en fonction de l'idée qu'une image, aujourd'hui, n'arrive plus à être une image chargée de sens, donc d'expressivité, que si elle arrive à accéder à un statut de fragment, de ruine, des images toutes-faites qui circulent dans le monde médiatique post-industriel.
Robert Fleck (extrait)





Le site de Gudrun von Maltzan ici

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